PtisaBlog

24 avril 2017

la poésie

Après avoir sauté quelques thèmes de ce rendez-vous du lundi, voici un sujet qui va me permettre de m'exprimer sur quelque chose de difficilement définissable mais voici une occasion d'en tirer quelque chose.

Alors, la poésie remplit ma vie depuis plusieurs mois. Elle pourrait la remplir plus, mais doucement ...

Il y a eu ce livre et ce film, qui m'ont soutenue dans l'idée que la poésie était présente dans ma vie, à travers ces émotions qui bouillonnent et dont je ne prends en compte la réalité que depuis peu. Je m’autorise donc à accepter de ressentir des choses que les autres, en général, ne ressentent pas. Et les exprimer avec les mots convenus est très difficile, comme si ces mots, malgré la grande variété du vocabulaire, étaient insuffisants pour exprimer ces émotions à leur véritable mesure. Comme s’il leur manquait une dimension.

Ou alors on pourrait rajouter un petit signe à la fin :

Je me sens seul : ça c’est valable pour toi.

Je me sens seule² : je suis dans un abîme de solitude qui me hante et me poursuit, personne n’arrive en entrer en communication avec moi, j’ai cette conscience, intense et profonde, que l’immense majorité de l’humanité ne peut me comprendre.

Au carré, c’est peut-être un peu juste … puissance 4 ça fait sourire et puissance 10 ça fait cliché. X au cube, c’est pas mal, mais notre mathématicien de service saura peut-être trouver la formule qui va bien (pas trop longue, ok, il faut la rajouter après le mot) (puissance Z, tiens, c’est pas mal !).

Je me sens seuleZ. Je crois que je tiens un truc :D

Donc définir un ressenti ça peut prendre plusieurs lignes, avec des comparaisons, des métaphores, des images et des figures de style de tous ordres … alors la poésie, c’est parfait dans ce cas-là.

* * * * *

Et puis il y a eu autre chose. « chose » n’est pas un mot très gracieux. « quelqu’un » est bien plus précis mais n’est pas plus adapté. « presque rien » serait plus raisonnable mais ici il est question de poésie.

Ce « presque rien » mérite un livre entier de développements, l’idée de m’y mettre m’enchante déjà, j’ai l’impression d’être un papillon prêt à s’envoler dans le monde de mes affects.

J’ai rencontré un poète, il est passé près de moi, vers mon chemin, mais sur le sien (si, si, je t’ai parlé tout à l’heure de l’abîme de solitude). J’ai parfois l’impression qu’il a déjà tout écrit et je suis chaque fois surprise non seulement par l’épaisseur de son silence mais aussi par la justesse de l’expression des émotions. Ses émotions ne sont pas les miennes, même si aujourd'hui je ne connais rien qui s'en rapproche le plus, mais son propre travail m’entraine à mieux exprimer les miennes : les voir pour de vrai déjà c’est un début et puis les prendre en compte au lieu de les étouffer. Dire que je me reconnais serait extrêmement prétentieux mais nous sommes, dans notre genre, tous uniques dans notre tête et donc la comparaison n’est pas permise, il ne s’agit pas de savoir qui est « plus » ou « trop ». Non, nous sommes chacun premier dans notre catégorie.

Sachant que les émotions négatives sont plus nombreuses que les émotions positives (3 contre 1 à la base), le boulot est grand concernant la panique et la terreur.

* * * * *

Depuis quelques temps, il m’arrive d’être inspirée de phrases courtes que je nomme « haïkus » et dans lesquelles je retrouve l’état d’esprit d’un moment bien déterminé. Ils mériteraient aussi des développements. Les choses simples sont essentielles.

* * * * *

On finit avec un autre poète, un de mes préférés dont toutes les phrases me touchent mais dont l'universalité ne peut pas me renseigner sur qui je suis.

T'es partie sans raison
J'ai perdu ta trace
Et j'suis resté sur place
Dans le brouillard

D'un monde bizarre
Où tu n'viendras plus me voir
Où je finirai plus tard
Par me sentir un peu peinard
D'un mal bizarre

William Sheller, Cuir de Russie

C’était le rendez-vous du lundi d’Alice et Zaza

 

Les jours se suivent

Ils se trainent

Ils coulent avec la pluie

Avec la peine

...

Je suis le mouvement de la foule

Je souris quand tout s’écroule

Je serai sans colère

Silencieux

A l’instant du

Dernier adieu

Posté par Ptisa FireBird à 07:00 - Commentaires [7] - Permalien [#]
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