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"la nausée" c'était déjà pris ... "subir" ou encore "la litanie" auraient été des titres beaucoup parlant pour cette liste interminable de lieux communs visant à explorer le quotidien des français de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale à nos jours. Le ton du post est donné, ce livre m'a énervée. A la cinquantième page, décidée de ne plus être bon public avec tout ce qui me tombe entre les mains, j'ai dit que s'il ne se passait rien de mieux d'ici la centième, j'arrêtais tout. Et puis j'ai emmené ce livre avec moi à la clinique et sous l'effet reposant de l'anesthésie, je l'ai terminé.

La quatrième de couverture parle d'une "forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective". Cette phrase est d'une stupidité profonde : comment quelque chose de collectif et d'impersonnel peut être une autobiographie ?

L'exploration de la vie des français est parfaite, il n'y a pas à dire, le troupeau de moutons que nous fréquentons au quotidien est bien planté avec son feuilleton, sa télé, son supermarché et son gâteau du dimanche. Ce qui est assez incompréhensible, c'est d'en faire un témoignage personnel : l'absence totale d'émotion dans ce qui est écrit laisse à penser que le narrateur n'y adhère pas tout en y participant, en le subissant. Aucune espèce de réaction, aucune rébellion, ni même de la tristesse alors que l'on découvre au fil des pages que la narratrice est professeur de français dans un lycée et qu'elle semble évoluer dans une sphère intellectuelle lui permettant de vivre "un peu mieux que ça". Mais non. Pourquoi ?

Le pourquoi concernant l'histoire de la narratrice, qui se contente de vivre une vie d'une pauvreté désarmante (ou bien qui ne souhaite pas faire partie du récit), j'arrive à la comprendre, je croise à longueur de journée des gens qui ne souhaitent pas vivre leur vie (j'en fait partie sur bien des tableaux !).

Mais l'autre pourquoi : quel intérêt de raconter ça ? On se croirait dans ces émissions de télé du 31 décembre qui refont passer tous les évènements importants de l'année ou de la décennie.

Je pourrais dire que j'ai trouvé ce livre grotesque si ce n'est qu'en réalité, je l'ai trouvé triste. La narratrice étant une femme, la description de la vie des femmes en France au XXème siècle est d'une tristesse accablante. Je crois que c'est ce qui m'a mis le plus en colère. Et cette façon de le constater sans aucun émoi comme étant le plus naturel. A vomir.

Un extrait :

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Ce livre d'Annie Ernaux est le premier d'une série de livres que j'ai choisi afin de connaître mieux la littérature contemporaine car je manque énormément de culture en ce domaine : soit je lis "au hasard" soit je reste attachée à mes chouchous.