Oui, très facilement. Je suis très déstabilisée par « les autres ». Comme dit ma psy : « les autres, c’est l’ennemi ». Oui, alors je leur saute pas à la gueule tu vois, je vais rester chez moi bien tranquillement. Tout ce qu’ils disent, ce qu’ils font, m’agresse. Même lorsqu’ils sont bienveillants et qu’ils veulent être attentionnés, ça ne passe pas. Quand ils font les indifférents aussi. Ça c’est pour mes proches.

Alors les autres, déjà me regarder revient à faire une déclaration de guerre.

Tout évènement extérieur est une intrusion qui vient perturber le petit train qui tourne tout seul dans ma tête. Ça déraille et j’aime pas.

La panique, la herse qui descend, la boule dans la gorge, la respiration coupée, les yeux qui gonflent et c’est parti.

La manœuvre consiste à tourner le dos et partir.

Alors bien entendu il y a des fois où mes émotions sont gérées, il suffit que j’arrive à continuer sur mes rails et que l’intervention reste un bruit de fond. Ce qui peut être assez gênant. Pour l’interlocuteur je veux dire.

Bon, bien entendu, ce qui représente juste des remarques pour « les autres » sont des intrusions et des remises en cause de mes valeurs dont je ne veux pas me justifier. Alors forcément, il n’y a aucun moyen d’y palier de quelque manière que ce soit.

J’appelle ça « paye tes rayures ».

Alors voilà, asociale est le terme qui convient, mais c’est pas que je ne veux pas aimer les autres. D’ailleurs il arrive même que les autres m’aiment. Alors là, les mots gentils, c’est très compliqué à assumer, là aussi, ça part en couille et je minimise toujours alors que je ne devrais pas. Mais j’apprends.

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