Voici une très bonne question. La première chose que j’ai faite c’est lister les gens que je côtoie le plus souvent.

Ben non … les gens que je côtoie le plus souvent sont ceux que je suis obligée de supporter par convention sociale, pas par choix. Alors parfois en effet, il est plus simple de s’entendre avec des gens qui ne vont provoquer aucune interaction personnelle où juste celles qu’il convient bien d’avoir. On reste en surface, on est neutre, on ne parle pas de ce qui nous fait sauter de joie ou hurler.

On reste tranquille, on s’endort bien et le temps passe.

Ma collègue de travail ? Mes autres collègues ? Mes voisins de palier ? Les parents d’élèves ? Mon médecin ? Le pharmacien ? Le kiné ?

Nettoyons tout ça et passons aux choses sérieuses.

 

J’ai des copains et des amis.

*Ce sera au masculin pluriel parce qu’en grammaire, quand on mélange les genres on ne met pas encore de parenthèses.*

Je m’entends très bien avec ces copains et ces amis. On passe du temps ensemble, on se confie, on rigole, on n’aime pas les même choses mais on s’accepte et surtout on partage.

Attention, il y a marqué « le mieux » dans la question. Donc je devrais en choisir un qui sort du lot.

 

Je ne vais pas faire ça.

Non, parce que dans mon pack neurologique, il y a truc qui fait qu’à un moment … il faut que ça s’arrête. Je peux tenir 3 heures en tête à tête. Plus si on est plus nombreux et que je suis moins sollicitée, et encore. Le truc bien, c’est que les autres sont comme moi, donc on se quitte soulagés et contents de se retrouver une prochaine fois.

Donc ce n’est pas « le mieux ». J’ai le droit d’aspirer à un peu mieux que ça, même si je ne me refais pas.

Bon, t’as fini par comprendre, le mieux c’est quand je suis toute seule avec moi-même. Généralement ça se passe bien sur une durée infinie. Sauf quand je flippe. Parce que quand je flippe c’est du niveau tsunami, je ne sais plus où est le nord, je ne retrouve plus mes affaires et je casse de la vaisselle. Ça arrive très vite sans prévenir. Et ça repart assez vite aussi. Tout ça irrationnel et inconnu de la plupart des gens.

Donc c’est mieux, mais c’est pas « le mieux ».

Le mieux c’est lorsque je suis à l’intérieur d’un livre.

Moi j’aime vivre à l’intérieur d’un livre. Je ne vis pas les aventures du personnage mais je l’accompagne en spectateur et j’ai parfois l’inconscience de participer un peu en m’incarnant quand c’est possible. C’est cette compagnie qui crée l’état de bien-être dans lequel je me complais. Le bavardage de l’auteur arrive à faire taire cette machine qui me percute sans s’arrêter jamais, toujours en train de craindre, d’anticiper, d’observer, de s’interroger sur tout ce qui passe devant mon nez. Le seul vrai moment de repos où je laisse l’auteur réfléchir à ma place et duquel je sors grandie de ses réflexions et expériences, comme si je les avais vécues.

J’aime cette histoire qui se déroule sous mes yeux, je m’y sens libre, je ne m’empêche de rien et je sais que lorsque je referme le livre, il suffira de m’y replonger pour que ça recommence.

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