COUV

Quand j'ai vu la présentation de ce nouveau magazine par François Busnel, j'ai été happée dans la 4ème dimension.

Le principe : un magazine par trimestre pendant la duée du mandat de Donald Trump. Donner la parole aux intellectuels américains (journalistes et écrivains) et les laisser parler de leur pays de la politique des dernières années.

Le parti pris est clair : les intellectuels contre la facilité, le jugement et la médiocrité ... en lisant, on pourrait finalement penser contre le peuple.

Je n'y connais rien en littérature américaine et j'ai trouvé là un moyen de picorer dans ce qu'il y a de meilleur : une interview fleuve de Toni Morisson, des extraits de Moby Dick (et en VO aussi), une interview de Barack Obama après les élections ... tant de choses sur les américains, la fabrication de ce pays d'émigrés, la peur et la pauvreté, des photos, des films, de la musique et des séries, sans oublier les indiens.

Je me suis régalée à partager les pensées de ces hommes et femmes qui pensent leur pays et l'humanité en général. Très riche.

extrait p63 du texte My Président was black de Ta-Nehisi Coates : "Six mois plus tard, ces mêmes étudiants connaîtraient le prix exhorbitant de cette présidence noire, même si le pays semblait décidé à ne pas le reconnaître. Dans les jours qui ont suivi la victoire de Donald Trump, d'aucuns insistaient sur le fait qu'une chose aussi "simple" que le racisme ne suffisait pas à expliquer le phénomène. Comme si l'esclavage n'avait rien eu à voir avec l'économie mondiale, ou comme si le lynchage n'avait aucun rapport avec cette idée que les femmes sont des objets. Comme si les quatre cents dernières années pouvaient se résumer à une rancune irrationnelle. Non. Le racisme n'est jamais simple. Et il n'y avait rien de simple dans ce qui allait advenir ni dans la figure d'Obama, qui avait cité ce futur à comparaître malgré lui."