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Une aventure qui se lit vite.

Jeanne et Thomas sont dans un bâteau qui fait naufrage ... ils se retrouvent sur l'île d'Henri qui est peuplée de mots. Un récit poétique et surréaliste.

Un extrait p37 : "Un mot qui flottait sur l'eau verte, un mot plat comme une méduse ou une limande. Inutile d'être bien maligne pour deviner ce qui s'était passé. La tempête avait tant secoué, comme nous, les dictionnaires que les mots s'en étaient détachés. Et maintenant les dictionnaires, vidés de leur contenu, devaient reposer sur le fond de la mer, à côté de leurs amis, les chamions de Scrabblle.

La mer nous rendait ce que le vent nous avait volé. Des milliers de mots,un banc immense clapotait tranquillement devant nous. Il suffisait de tendre les bras pour les pêcher. Je me souviens des premiers que j'ai pris dans ma main.

Ils se déposaient sur ma peau des tatouages, ces décalcomanies fragiles qu'un bain peut effacer.

Si j'avais osé, je m'en serais recouvert le corps. Il m'auraient caressée, j'en suis sûre, à leur manière de mots, discrète et troublante.

Mais Thomas, du coin de l'oeil, me surveillait, j'ai abandonné mes idées folles et je l'ai imité. J'ai recueilli les mots au creu de ma paume, écartant le plus doucement possible mes doigts pour que l'eau s'égoutte. Et je les ai étalés délicatement sur le sable pour qu'ils sèchent au soleil. Un soleil de plus en plus dur d'ailleurs : n'allait-il pas brûler nos petits rescapés ? Thomas m'a souri (bravo ma soeur, tu n'es pas toujours imbécile). Pour les protéger, nous sommes allés chercher des feuilles, de longues feuilles de bananier."