Lorsqu'on habite au 3ème étage d'un immeuble entouré de maisons, la fenêtre donne sur le ciel.

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Mais ce n'est pas de cette fenêtre que j'ai envie de vous parler aujourd'hui.

C'est la fenêtre dont m'a parlé ma psy qui sera le sujet de cet article. Cette fenêtre qui matériellement constitue un passage entre un état d'angoisse, d'anxiété, un malaise, un repli sur soi et un dégoût vers une vie meilleure.

Oui on le sait quand tout va mal, il faut se changer les idées. J'ai été épaulée, soutenue, de toutes les façons que ce soit, et ça dure encore, j'ai été invitée, j'en ai bu des cafés, mangé des gâteaux ... et puis je suis sortie, (et ça continue) mais pas pour étaler mes malheurs, non, pour partager des moments sympathiques avec d'autres personnes, que je connais ou pas.

Théatre, expos, ciné, tout y passe et c'est vraiment chouette. Alors je ne dis pas qu'il ne faut pas se mettre un coup de pied au cul, parce que franchement, sortir n'est pas la première idée qui vient à l'esprit (c'est le mojito qui vient à l'esprit en premier, mais de toute façon c'est pas incompatible). Le premier pas étant le plus difficile, une fois qu'il est franchi, et bien, on est passé à travers la fenêtre et un nouveau monde s'ouvre, à condition, bien entendu qu'on le veuille bien.

Car comme souvent tout est une question de choix. Quand on subit des situations sur lesquelles on n'a aucun pouvoir, bien entendu, le choix est réduit. Mais il y a toujours le choix de faire ou de ne pas faire, ce qui a un effet sur les émotions, l'humeur, le ressenti. La première chose c'est le tri. Quand on est comme moi dans un trip minimaliste, yapluka continuer et être satisfaite du résultat.

On peut décider que le monde est nul, ennuyeux, que les gens sont désagréables. Ou bien on peu décider que chaque chose que l'on va faire va se placer dans l'ordre du monde et que nous sommes l'acteur, le seul et unique, qui puisse donner un sens à sa vie.

Dans mon cas, cette fenêtre s'appelle Ulysse*. Oui, vous savez, le guerrier, le héros, le navigateur. Bon, en fait non, j'exagère quand même.

Oui, une fenêtre peut être quelqu'un, en l'occurence un être humain de sexe masculin tout à fait compatible avec ma personne. Fugace et votatil, reparti vers de nouvelles aventures aussi vite que moi, cette fenêtre aura eu le pouvoir indéniable de me permettre de retrouver ma place dans ce monde, autrement, dans une autre vie, toute aussi riche et généreuse que l'a été la précédente. Dans la continuité en fait, car on ne fait pas la révolution avec soi-même.

Rencontrer des personnes qui ont les mêmes blessures, depuis plus ou moins longtemps, comprendre ce qu'elles en ont fait, ce qui est en est sorti, c'est très important pour savoir où l'on va soi-même. Chaque histoire est différente tout en étant universelle car la blessure est personnelle et le ressenti est fonction de sa propre personnalité et expérience. C'est une violence qui s'en dégage, la violence d'avoir été confronté à un rejet, à la négation de la personne que l'on est, au mensonge et à la manipulation selon les cas. Digérer tout ça en élevant des enfants. Un challenge.

Me dire que finalement, ne pas tomber en dépression, ne pas avoir de rancoeur envers la société et la vie, ne pas me sentir isolée, accepter de me voir telle que je suis, accepter de partager et de recevoir malgré tout ce gâchis, ce sont des atouts qui vont me permettre de considérer que ce qui arrive maintenant est bien. Mais je ne me fais pas d'illusion, je n'en suis qu'au début.

* le prénom a été changé pour éviter toute confusion avec un personnage ayant réellement existé

C'était le rendez-vous du lundi d’Alice et Zaza