3-amis-tt-width-300-height-430-bgcolor-FFFFFF

Voici un livre dont j’ai pas mal entendu parler, les auteurs sont notamment passés à La Grande Librairie et aussi dans La Tête au Carré.

Déjà dans le titre « en quête » ça veut déjà dire qu’ils ne pensent pas tout savoir et que la sagesse est un chemin. On ne va donc pas nous donner de leçon est c’est un bon début.

Ensuite les trois personnages se présentent.

Plusieurs thèmes sont abordés, notamment celui de l’égo. Et on se rend compte qu’ils ne sont pas d’accord. Ou plutôt que leurs expériences sont très différentes :

Tout d’abord Matthieu Ricard, moine bouddhiste, qui pratique l’altruisme à longueur de temps et s’est complètement détaché son égo. Parfois, à le lire, on a l’impression qu’il plane un peu, mais il faut le resituer dans sa retraite népalaise où toutes les autres personnes ont la même attitude.

Ensuite Alexandre Jollien, philosophe, très attaché aussi à l’altruisme et qui arrive à allier sa foi dans la religion catholique avec le bouddhisme, tout simplement en ne s’attachant pas au dogme mais à la pratique. On reconnaît que ce travail a eu des conséquences extrêmement positive pour l’acceptation de son handicap, ce qui ne peut être qu’encourageant lorsque nous pensons avoir des problèmes qui n’en sont pas.

Enfin, Christophe André, dont je suis le blog et les publications de manière régulière et qui considère qu’il faut tout de même donner sa place à l’égo, tout simplement parce que sans bonne estime de soi, il est impossible de franchir le pas vers l’altruisme et le détachement. Il soigne donc les gens qui ont un problème avec leur égo (trop ou pas assez).

Petit extrait p16 :

Alexandre : Il n’y a qu’une urgence, c’est de nous engager à fond dans une pratique, nourrir en soi un ardent désir de progresser, et réaliser que nous pouvons échapper à la prison de notre mental.

P86 :

Matthieu : Tout être humain veut trouver le bonheur et éviter la souffrance, mais la meilleure décision que l’on puisse prendre est de ne pas confier ce bonheur à l’égo. Celui qui ne pense qu’à lui ne fait rien de sensé pour être heureux. De plus, ses échecs renouvelés provoquent en lui une frustration et une rage qu’il retourne contre lui-même et contre le monde extérieur.

L’égo sain est l’égo transparent de celui qui dispose d’un vaste espace de paix intérieure dans lequel il peut accueillir les autres, car il n’est pas obsédé par sa propre situation. En rendant son égo moins lourd et concret, on s’épargne beaucoup d’ennuis. On se préoccupe moins des critiques et des louanges. On fait le ménage dans ses pensées et on éteint Mental FM, qui radote à longueur de journée : « Moi, moi, moi ; qu’est-ce qu’il va m’arriver ? Qu’est-ce qu’on va dire de moi ? »

 * * * * *

Je suis fan depuis quelques temps de la rubrique de l’horoscope de Rob Brezny dans Courrier International. C’est un peu délirant mais surtout philosophique et ça fait réfléchir. Jeudi 4 février, voici ce qu’il me disait :

L’African Association était une société d’explorateurs britanniques qui, au XIXe siècle, se proposait de faire connaître aux Européens la géographie intérieure de l’Afrique occidentale. Elle assigna à l’un de ses membres l’ambitieuse mission de cartographier le cours du Niger et d’en découvrir la source. Henry Nicholls s’embarqua avec son équipe sur le golfe de Guinée, espérant rejoindre le Niger. Il n’a jamais su que les eaux qui le portaient étaient précisément celles du fleuve qu’il cherchait à atteindre. Ne serais-tu pas, toi aussi, en train de chercher quelque chose que tu as déjà trouvé, Scorpion ?

Cette dernière phrase m’a laissée sans voix parce que c’est vrai que je cherche quelque chose ou du moins je veux me convaincre de quelque chose. Et là tout à coup, dans ce livre, j’ai trouvé la réponse.

C’est p134 dans le chapitre « apprendre à vivre avec nos émotions » :

LE MYTHE DE L’APATHIE EMOTIONNELLE

Matthieu : Certains s’imaginent que le fait de se libérer des émotions aboutit à un vide intérieur qui nous transforme en zombies. Ils confondent vide mental et liberté de l’esprit. Le but n’est pas de faire disparaître les pensées et les émotions, mais de les empêcher de proliférer et de nous asservir. Les maîtres et les pratiquants qui ont atteint une grande liberté intérieure ne sont pas devenus des légumes. Au contraire, ils font preuve de plus de qualités que les autres. Le Dalaï-lama, à mon avis, est un exemple parfait de courage, de joie, de bienveillance et d’ouverture d’esprit. En éliminant de notre espace mental la haine, le ressentiment, l’avidité et les autres émotions perturbatrices, on laisse la place à l’amour altruiste, à la joie et à la paix intérieure.

Lorsque je me pose la question de savoir pourquoi ma colère n’a pas explosé, voici en fait ce qui se passe dans mon cœur. Je ne laisse pas mes émotions dominer mes pensées et mon corps. Ce n’est pas que je le la ressens pas, cette colère, c’est uniquement que son expression chez moi n’est pas violente parce que je ne le souhaite pas.

Le chapitre sur le corps est très intéressant aussi.

P188 :

Christophe : Aujourd’hui, tous ceux qui travaillent dans le champ de la psychologie ont enfin compris que le corps n’était pas juste un outil ni une somme d’organes qu’il fallait réduire au silence pour ne pas être dérangé par lui, mais une porte d’entrée vers notre esprit, une entité complexe, intelligente, et dont il faut prendre soin par diverses approches comme la méditation, l’alimentation, l’exercice physique, etc.

Dans ce soin du corps, il y a un équilibre à trouver entre d’une part déni et mépris et d’autre part obsession du corps. (…) Aujourd’hui, l’expérience et l’âge aidant, j’essaie d’être plus attentif et de respecter mon corps. De façon à ne pas être obligé de trop m’occuper de lui.

* * * * *

une lecture très riche et très motivante !